les femmes dans les camps

Publié le par Louise

Article reproduit dans son intégralité.  

Marie-José Chombart de Lauwe, Le Patriote Résistant, mars 2007.

Références : « Frauen im KZ Mauthausen“ (Femmes au camp de Mauthausen), symposium international, 4 mai 2006 ; Linz (Autriche) , contributions d’Andreas Baumgartner et de Brigitte Halbmayr ; et textes de l’exposition sur le travail sexuel forcé, présentée au mémorial de Ravensbrück jusqu’au 30 septembre 2007.

A partir de 1942, les SS ont créé et entretenu des « bordels » dans les camps de concentration nazis, destinés à un petit nombre de détenus masculins – la grande majorité des déportés n’ayant jamais eu accès à ces lieux. L’opération poursuivait deux buts. D’une part, la visite au bordel devait servir de récompense et de stimulant afin d’augmenter l’efficacité du travail forcé des détenus ; cette faveur entrait dans un système de cinq niveaux de récompenses qui comprenait : 1) l’amélioration des conditions de détention ; 2) l’amélioration du ravitaillement ; 3) une prime d’argent ; 4) l’approvisionnement en tabac et 5) la visite au bordel. D’autre part, ces visites avaient pour objectif de réfréner l’homosexualité parmi les détenus, voire de les « rééduquer ».

Des bordels pour détenus ont été installés dans dix camps de concentration : Mauthausen, Gusen, Buchenwald, Flossenbürg, Auschwitz I et Auschwitz-Monowitz, Neuengamme, Dachau, Sachsenhausen, Mittelbau-Dora. Au début, leur fréquentation fut réservée aux détenus allemands, puis elle fut rendue possible pour d’autres nationalités, mais jamais pour les juifs ni les Russes.

Les SS ont recruté la majorité des femmes pour le travail sexuel forcé dans le camp de femmes de Ravensbrück, sauf pour Auschwitz I et Auschwitz-Monowitz, où elles étaient prises à Auschwitz-Birkenau. Quelques unes auraient été capturées à Bergen-Belsen. Ils ont d’abord recruté des femmes parmi les prostituées et celles qui était soupçonnées de se prostituer. Ils ont également pris des femmes dont le comportement n’était pas conforme aux normes de vie prônées par le national-socialisme : «  en raison de leur histoire et de leur attitude(elles) sont désormais irrécupérables dans le cadre d’une vie réglée » d’après Himmler. Classées « asociales » elles portaient le triangle noir.

A Ravensbrück, le recrutement avait lieu au Strafblock (block de punition), dans les blocs d’asociales, mais aussi à l’arrivée des convois ou lors des sélections.

Y a-t-il eu des volontaires ? Certaines femmes ont pu être tentées par les propositions d’une libération au bout de six mois de bordel, par les conditions offertes : nourriture des SS, vêtements civils, bains. Mais cette libération n’est jamais survenue. De plus, certaines ont été renvoyées à Ravensbrück malades, atteintes de maladies vénériennes ou enceintes et y ont subi un avortement.

Le travail sexuel forcé fut-il rémunéré ? Il a été dit que les femmes recevaient 45 Pfennig, puis 90 des 1 ou 2 Reichsmark que payaient les hommes sous forme de « bordereau de prime ». Mais on n’a aucune trace de rémunération de ces prostituées forcées, qui vivaient dans une baraque spéciale et recevaient huit à dix détenus chaque soir. Elles n’en sortaient pas de la journée et étaient gardées par des surveillantes SS.

Des femmes ont aussi été sélectionnées à Ravensbrück pour les bordels de la Wehrmacht et ceux de la SS, où selon de rares témoignages, elles subissaient brutalités et violences.

Cette histoire a été peu connue jusqu’à récemment, les survivants ne témoignant pas, les femmes exploitées ayant subi une terrible humiliation, les hommes utilisateurs ressentant de la honte, méprisant celles qu’ils percevaient comme des prostituées, des asociales qu’ils situaient au niveau le plus bas de la société.

Cependant, ce travail sexuel forcé, qui ne fut qu’exceptionnellement volontaire, doit être considéré comme une exploitation des femmes par les nazis. En 2002, la violence sexuelle est entrée dans la législation criminelle internationale comme un crime contre l’Humanité.

 

camp de Ravensbrück

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Loïs de Murphy 06/03/2007

On est bien d'accord, et je confirme qu'un rapport sexuel forcé c'est un viol !

Louise 06/03/2007

oui, le viol est considéré comme une arme de "purification ethnique" aussi, la guerre de Yougoslavie l'a montré de façon épouvantable.

tsing tao 28/03/2011



Pourquoi nier la vérité ,de nombreuses jolie femmes juives se prostitaient dans les camps de concentration et leurs clients étaient des "KAPO" des gardiens eux aussi juif ,ainsi que certain S.S.
qui le faisaient en cachette.