Albert Jacquard a dit...

Publié le par Louise

Bien, alors, je constate que personne ne trouve mon fameux auteur de "faire un petit aujourd'hui c'est faire n'importe quoi".

Donc, comme le titre l'indique, ce n'est pas Pascal Sevran mais bien le généticien et grand humaniste Albert Jacquard.

Il a dit cette petite phrase au cours d'une conférence à Clermont-Issoire ces derniers jours. Devant une salle comble, il a expliqué ses théories sur l'environnement et la place de l'homme sur cette belle terre. Il rappelle sa crainte de "l'hiver nucléaire" capable de rayer toute vie en quelques jours.

Selon lui, "certains états, dont la France, ont organisé le suicide de l'humanité".  Mais Albert Jacquard reste un fervent humaniste, il affirme que la planète, si l'on ne tient compte que de son potentiel agricole, pourrait nourrir 15 milliards d'êtres humains, mais ce sont les problèmes politiques qui ruinent tout espoir. Et surtout les inégalités terribles nord/sud: " le souci, c'est que certains hommes comme moi dépensent beaucoup plus. A vrai dire, un milliard de nantis monopolisent l'essentiel des richesses de la planète".

C'est prendre le contre-pied de beaucoup de théories qui voudraient que les pays du tiers monde restreignent leur natalité, les accusant eux et eux seuls de nuire à la planète. Il est bien évident qu'un seul enfant né en France en 1977 par exemple (au hasard, hihi!) coûte 100 fois plus, pollue 100 fois plus et consomme 100 fois plus qu'un autre né à Bamako (chiffres totalement fantaisistes, mais c'est pour donner une idée).

Et sa petite phrase, donc, il l'a dite - en souriant - alors qu'il parlait de la vie et de l'évolution. Le mécanisme de procréation des êtres a remplacé l'évolution lente des cellules avec l'apparition de l'eau sur terre. A partir de là, le hasard est devenu le moteur de l'évolution, d'où le "n'importe quoi" de la petite phrase.

Pour Albert Jacquard, la prise de conscience tant collective qu'individuelle est indispensable pour envisager un avenir vivable sur cette planète.

Nous fonçons dans le mur à grande vitesse, mais nous avons des freins, il nous suffit de vouloir les trouver. Partant du principe que notre mode de vie d'ultra consommation est stupide et voue à l'échec toute la planète, Albert Jacquard prône la théorie de la décroissance.

Utopie ou nécessité vitale?

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un chouka 24/12/2006 12:04

je suis de l'avis d'Albèrt Jacquard, mais nous vérons sans payer la suite :-)courage,on y vat!

BB 23/12/2006 21:41

Si "nous avons des freins" est l'argument d'A Jaquard, c'est qu'il reste persuadé que nous allons tout de même dans le mur. Mieux vaudrais trouver le guidon pour modifier la direction prise...et éviter le mur.
Au delà, la question est de savoir s'il existe une alternative?
S'il faut parler d'écologie, je dis qu'il vaut mieux ne pas perdre son temps à coire que les sociétés développées vont revenir au cheval pour faire leurs courses heddomadaires sans leur 4X4...
La solution passe par la hausse du coût des matières premières. Plus ce sera le cas plus la recherche et le progrés scientifique seront sollicités pour trouver des modes de production peut consommateurs d'énergie et donc peut générateur de pollution.
Le pire n'est pas certain...si chacun y met du sien.

legnoch :0125: 23/12/2006 16:32

Jean Christophe parle de "bétise" dans son commentaire et je trouve que c'est quand même un peu exagéré. Il est certain que les pays riches polluent. Et ils ne polluent pas que la planète ; Ils polluent aussi les esprits. Quand j'entends parler d'écologie et d'économie de marché dans la même phrase, je ne peux m'empecher d'y voir comme un certain antagonisme. Tant qu'une économie sera basée sur le développement (une manière façon "moquerie" pour parler de profits) je ne crois pas qu'elle pourra résoudre de quelque façon que ce soit les problêmes de la planète. La preuve en est que depuis que le monde économique se "développe" la situation se dégrade à une vitesse fulgurante. C'est un constat et personne ne peut le nier ! Donc créons le développement partout et on ira encore plus vite à la catastrophe. Sans parler de l'uniformisation qui en découle et, en conséquence, de la perte des spécificités culturelles qui sont les vraies "richesses" de l'humanité. Malheureusement, il semble impossible aujourd'hui de faire marche arrière, mondialisation oblige. Alors la décroissance est à la fois une nécessité vitale et une utopie. Je suis fermement pessimiste quand au futur de l'humanité telle qu'elle se présente actuellement. Mais je garde un brin d'optimisme en espérant qu'une fois que tout ce sera écroulé (inévitablement), les survivants auront à coeur de se souvenir du passé et de constuire une humanité qui aura enfin compris le sens de ce mot...

Dominique Boudou 23/12/2006 11:21

Ah ! Bientôt la trentaine, Louise. Le grand âge.

Jean Christophe Bataille 23/12/2006 08:27

Je répondrais "bêtise". Que Jacquard se penche une seconde sur les théories du développement durable dans une économie sociale de marché. L'écologie en soi est déjà un marché. Plus celui-ci, se développe plus la planète est propre. Ce que les ennemis de la richesse et du développement n'ont pas compris, c'est qu'il ne faut pas partager le développement, il faut le créer partout. C'est ce que font les américains en Asie et que nous sommes incapables de faire en Afrique. Mais il faut aussi le réguler : c'est Kyoto, et là, c'est ce que les américains ne font pas ... Passe d'excellentes fêtes.