rattrapons le temps perdu

Publié le par Louise

Très égoïstement, je refuse de me dire que les articles que j'avais mis en ligne ces dernières semaines sur le blog "les oeillets rouges version 1" passent à la poubelle une fois le blog dissout. Alors, vous voudrez bien m'excuser si je remets en ligne, sur "les oeillets rouges 2, le retour (!!)" les articles sur Anacharsis Cloots, Théroigne de Méricourt et les mane kineko.

Je commence avec Anacharsis, qui a lancé la série des noms à coucher dehors!

Je lis actuellement "Quatre Vingt Treize" du bon père Hugo. Pour une passionnée de l'histoire révolutionnaire, c'est un régal! Et c'est bien la première fois que je lis quelque part que Robespierre, mon cher Maximilien (hihi!!!), était un ... modéré! Même Hugo le disait, alors, que s'est il passé pour que l'histoire en fasse un monstre sanguinaire?? Bien des choses....! Mais là n'est pas la question! Je ne vais pas vous parler de l'avocat d'Arras, mais d'un autre personnage de la Révolution dont j'ignorais l'existence jusqu' à présent, et je le regrette!!

Une espèce d'idéaliste un peu allumé sur les bords, un peu utopiste mais sutout avec un nom à coucher dehors: Jean Baptiste - Anacharsis -Cloots né en 1755. Ce jeune homme, d'origine allemande, riche et cultivé était un grand francophile depuis sa jeunesse. Il arriva en France quand la Bastille tombait et, fervent partisan de la Révolution, il devint, après sa naturalisation française, député de l'Oise.

Pourquoi avoir changé son prénom Jean Baptiste en Anacharsis?

A cause du philosophe scythe du même nom qui, au VIème siècle de notre ère, se rendit à Athènes pour étudier les moeurs des Grecs. Sa répartie et sa franchise le fit accueillir par l'archonte Solon, dirigeant d'Athènes, chose impossible en principe pour un "non-grec".

Il portait sur la culture grecque un regard neuf, souvent naïf, mais d'une logique implacable. Il se demandait par exemple pourquoi les Grecs légiféraient sur la violence tout en récompensant les sportifs qui se battaient dans les stades. Sa pensée reflétait une grande modération et une grande tempérance. Il avait bien compris le cynisme du pouvoir et disait que les lois étaient des "toiles d'araignées qui n'attrappent que les petites mouches mais se font déchirer par les gros bourdons et les guêpes"... Bref, ce brave Anacharsis revint finalement chez lui en Scythie et se fit occire par son frère... Accident? Pas sûr, on raconte que les Scythes ne supportaient pas qu'il veuile introduire la culture grecque chez eux...

Et notre Jean Baptiste - Anacharsis - Cloots? Même schéma, un Allemand venu étudier les moeurs françaises, au moment même où la France opérait dans la douleur son plus profond changement de visage.

Hugo parle de lui en ces termes :" Cloots, Allemand, baron, millionnaire, athée, hébertiste, candide".

Oui, notre bon baron Cloots était un athée pur et dur, un anti catholique convaincu, un nihiliste profond tout en étant persuadé que l'humanité pouvait se sauver grâce à la liberté individuelle... il se surnommait lui même "l'orateur du genre humain". Un homme de paradoxes, Cloots.

Ce qui est avéré en revanche, c'est son opposition frontale à Robespierre. En effet, Cloots était hébertiste, c'est à dire proche d'Hébert, créateur du journal "Le père Duchesne", extremement virulent. Même les députés les plus engagés dans la lutte révolutionnaire (Robespierre n'était pas un tendre, pas plus que le gros Danton!!) les appelaient les "enragés", c'est pour dire!!

Et bien, ce brave Anacharsis en était. Et par là même, il était foncièrement athée et anticlérical.Il se faisait aussi appeler "l'ennemi personnel de Jésus Christ", tout simplement!! En cela il s'opposait à Robespierre qui lui ne voulait pas priver le peuple de sa religion trop brutalement, par crainte que ledit peuple ne perde tous ses répères. Robespierre, c'était le Culte de l'Etre Suprême, Cloots, celui de la Raison.

De ce duel, les deux sortirent étêtés, mais Cloots fut le premier à perdre la tête. Il fut accusé d'être un espion à la solde des Prussiens contre-révolutionnaires, puis, exclu de la Convention le 25 décembre 1793, il fut arrêté 2 jours plus tard, et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort, il fut exécuté le 4 germinal an II ( 24 mars 1794). Sur le chemin de l’échafaud, pour apaiser une dernière dispute entre les autres condamnés, il leur récitera des vers en riant, raconte la légende. Quatre mois plus tard, cette même Convention exécutera Robespierre.

Michelet parle de Cloots comme "l'ange blanc de la Révolution", mais d'autres affirment que ses écrits ne sont que des ramassis de doux rêves rousseauistes inaccessibles. Où est le vrai? Un peu partout je crois. En tous cas, il était sans nul doute un personnage hors du commun , un "fol de génie"qui mérite d'être connu.

 

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Andy 11/09/2006 12:24

Rassure toi Thierry, moi aussi j'ai raté les derniers articles des oeilletsrouges... :-(
Excuse moi Louise, je ne comprend toiujours pas pourquoi tu as finalement détruit ce magnifique blog...
Mais je suis heureux de retrouvé ici les articles que tu y avait écris !
Et puis, je vois que l'en-tete a changée, c'est un peu comme si les oeillets rouges avaient juste "déménager", comme lorsque l'on change d'adresse ;-)
Bonne journée !  

Louise 10/09/2006 18:37

merci dominique!

Dominique Boudou 10/09/2006 18:08

Remerci pour Cloots en attendant Théroigne. L'histoire a oublié bien des figures qu'il est bon de ressusciter. c'est vrai aussi en littérature d'ailleurs.

Thierry 10/09/2006 15:54

Je dis ça d'autant plus que tu ne m'as même pas laissé le temps de lire tes articles du dernier jour des "oeillets rouges"! lol

Thierry 10/09/2006 15:41

Et comment qu'on va t'excuser (si tant est que tu aies à t'excuser)!! On ne peut qu'approuver ta décision de reprendre les articles que tu avais écrits pour "les oeillets rouges". C'est tout à fait normal.

Louise 10/09/2006 15:44

c'est sympa ça!  merci Thierry!