André Léo

Publié le par Louise

Lisant assidument la biographie de Louise Michel, je tombai sur le nom d'une femme qui me plut tout de suite: André Léo. Pas de faute d'accord des genres, cette femme s'appelle bien AndrE.

Son surnom, "la Junon de la Commune". Sa vie: écrivaine anarchiste et surtout féministe (l'un n'allant pas sans l'autre en principe...).  Elle écrivait si bien, que Vallès, grand homme de la Commune lui aussi et grand écrivain, lui reprochait d'écrire comme George Sand, il y a pire comme critique!!

Cette femme est née Victoire Léodile Béra en 1824, à Lusignan(dans la Vienne). Elle fuit sa ville natale pour échapper à la police napoléonienne avec son futur premier mari, Champseix et se retrouve à Paris. Son peudonyme est en fait le prénom de ses deux jumeaux. 

Elle s'engage dans la cause de la République, devient une proche de Louise Michel, et prend une part très active à la Commune. Journaliste, elle n'a de cesse de dénoncer les inégalités entre les villes et les campagnes mais surtout entre les hommes et les femmes.

Elle affirme que toute révolution doit obligatoirement comporter un volet féministe, car bien souvent les révolutionnaires dans la rue redeviennent des hommes machistes et réactionnaires dans leurs foyers, ce qu'elle ne supporte pas! Son arme favorite, comme Louise Michel: l'éducation : " Non la femme n'est pas une chose, un pur réceptacle. Elle pétrit son enfant de ses sentiments et de ses idées comme de sa chair; esclave, elle ne peut créer que des esclaves".

André Léo se bat sur le terrain des mentalités. Non contente de réclamer le suffrage universel pour les femmes, elle veut mettre à bas le système patriarcal français dans son oeuvre la plus célèbre :" La femme et des Moeurs. Monarchie ou liberté". En effet, bon nombre de théoriciens de la révolution étaient de fieffés mysogynes, Proudhon le revendiquait même!!

Dans cette oeuvre elle écrit ceci: "Quatre-vingts ans se sont écoulés depuis l'inauguration du droit humain, et c'est encore une nouveauté presque bizarre que de revendiquer la justice pour la femme, courbée depuis le commencement du monde sous un double joug, dans l'esclavage doublement esclave, esclave toujours au sein de la famille libre, et maintenant encore, dans nos civilisations, privée de toute initiative, de tout essor, livrée, soit aux dépravations de l'oisiveté, soit à celle de la misère, et partout soumise aux effets démoralisants du honteux mélange de la dépendance et de l'amour." Je trouve cette phrase encore assez actuelle malheureusement...

En revanche, même l'éphéméride anarchiste ne peut m'éclairer sur les conditions de la mort de cette femme aussi admirable que méconnue,  dans la banlieue parisienne, le 20 mai 1900.

Publié dans coups de coeur

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louise 21/07/2006 16:13

Inexistant en effet!!
désolée, on ne peut pas être toujours au top!!! LOL
 

lisa 21/07/2006 15:16

MAIS OU EST DONC L ARTICLE SUR L AFFAIRE DREYFUS QUI PASSE CE SOIR SUR ARTE A 20H40????????????? MDR

louise 21/07/2006 11:44

oui dominique, période très dure pour les hommes, ça va de soi!
mais comme j'ai l'habitude de le dire (ce qui me vaut souvent le sobriquet de Chienne de Garde!!), les femmes souffrent des mêmes conditions de vie que les hommes, mais EN PLUS, elles souffrent de leur statut de femmes. c'est ce que dit André Léo, les femmes sont doublement esclaves.

Dominique Boudou 21/07/2006 11:38

Tu as raison Louise, pour le XIXème siècle. L'une des époques les plus dures pour les femmes et aussi les hommes en général. Les révolutions industrielles du charbon et de l'électricité en sont la cause essentielle.

lisa 21/07/2006 10:59

Bonjour Louise
on ne peut être qu'admiratif de toutes ces femmes qui  se sont battues et de celles qui se battent pour notre cause, très courageuses, actives et convaincues.
Alors, merci à elles
je ne connaissais pas non plus cette femme
excellente journée