"Je ne vous abandonnerai jamais"

Publié le par Louise

11 juillet.

Une date somme toute très banale, sauf que cette date est l’anniversaire de la chute de l’enclave, de la mal nommée « zone de sécurité », de Srebrenica, en Yougoslavie, en 1995.

Alors qu’elle était sous protection de l’ONU, Srebrenica a été prise sans aucune résistance, par les troupes serbes de Mladic.

Ni les troupes néerlandaises, ni les soldats britanniques, ni les casques bleus français n’ont bougé. Atermoiements infinis, incapacité à prendre une décision ferme, aveuglement face au drame qui se préparait, absence… tout a été mis en œuvre, involontairement sans doute, pour qu’un des pires crimes de guerre depuis la Deuxième Guerre Mondiale ait lieu.

Durant les quelques jours qui ont suivi la prise de Srebrenica, plus de 7000 hommes, dont des adolescents et des vieillards seront massacrés. On parle même de plus de 12 000 morts. On n’a réussi à identifier « que » 6000 personnes…Et certains nient tout simplement ce fait…

En 2001,  un rapport d’information de l’Assemblée Nationale sur cette tragédie parlait de Srebrenica en ces termes : « plus d’une dizaine d’Oradour en 4 jours ». La comparaison montre bien que ce crime fait remonter dans nos esprits toutes les horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale. Un crime contre l’humanité perpétré en Europe ne peut que faire resurgir nos  cauchemars, mais en plus, celui là a été fait sous les yeux des troupes alliées, sans que rien ne soit fait pour l’éviter.

Bien entendu ce sont les assassins comme Mladic ou Karadzic qui sont les coupables de ce crime, que l'on qualifie souvent de génocide. Bien entendu, Milosevic, mort sans jugement était le commanditaire de ce massacre, mais les troupes de l’ONU ne sont pas complètement innocentes de ce qui s’est passé en ce mois de juillet 1995. Kofi Annan, en 1999 disait déjà: "nous, fonctionnaires de l'Organisation assumons une part de cette responsabilité".  Surtout lorsqu’on repense à la phrase de Morillon, général français de la FORPRONU qui en 1993 affirmait aux habitants de Srebrenica : « vous êtes maintenant sous la protection de l’ONU (…) Je ne vous abandonnerai jamais. »

Publié dans mctproduction

Commenter cet article

louise 12/07/2006 15:29

je relis mon comm', et j'ai honte d'avoir fait autant de fautes!!
je prie mes lecteurs de bien vouloir m'en excuser...

louise 12/07/2006 12:15

Je crois que ces messieurs Mladic et Karadzic et  autre assassins comme Milosevic auraient meiux fait de lire ton bouquin... parce qu'il a dû leur manqué la notion de culpabilité à ces gens là...

louise 12/07/2006 12:09

"il n'est casse c... comme l'autre à lunettes!! hihihi"
lire, bien sûr, "il n'est PAS casse......"
 

louise 12/07/2006 12:07

ouais ben n'empeche que j'ai tout pigé!!! tu serais plutot le grand Schtroumph, il n'est casse c... comme l'autre à lunettes!! hihihi
explication tès claire, nette et intelligente.
merci Alix ! un bon bol de culture ne fait jamais de mal!
 

Alix 12/07/2006 11:46

Louise,
Dans "La construction sociale de la réalité", de Berger et Luckmann (livre ultra-intéressant s'il en est, je vous le conseille), il est expliqué qu'il existe deux niveaux d'émotions. Les émotions "primaires" comme la joie, la colère, la peur, la surprise etc. Et les émotions "secondaires", dites "sociales", qui arrivent plus tard dans la construction psychologique de l'enfant. Ces émotions sociales sont par exemple la honte, la fierté, l'amour, l'empathie, la culpabilité.
La culpabilité n'est pas réductible à une simple réaction automatique et irrépressible. Si l'enfant est dans le noir et qu'il entend un bruit, il se met à avoir peur, de manière très rapide. Alors que si l'enfant vole des bonbons, il ne ressentira (jusqu'à un certain âge, hein !) aucune culpabilité (moi-même je l'ai fait quand je devais avoir 3 ans, et je m'en tapais éperdument, même si ma mère a essayé de m'expliquer que "c'était mal").
La pression sociale, la représentation du "mal" qui découle de certaines actions sont parmi les éléments qui permettent aux hommes de contrôler leurs pulsions. Une pulsion meurtrière est une pulsion antisociale (NON, SANS BLAGUE), mais la culpabilité, émotion que la société nous a inculqué "secondairement", reste un frein puissant au passage à l'acte (avec parfois la menace de sanction, certes).
J'ai l'impression d'être le schtroumph à lunettes, là, et je déteste ça... :-)