Maurice Druon

Publié le par Louise

Il est parfois des personnes que l'on n'aime pas.

Ces gens ont beau avoir un palmarès long comme un jour sans fin, on ne les aime pas.

Et bien, même s'il ne faut pas dire du mal des morts, j'avoue que Maurice Druon est de ceux-là, pour moi.

Je n'aimais pas cet homme, ce génie de la langue française, prix Goncourt en 48, monstre de la littérature avec ses Rois Maudits, élu Académicien en 66 et secrétaire perpétuel en 85.

Cet homme m'était profondément antipathique, la gloriole à la française, le résistant gaulliste qui soutient Sarkozy, le partisan de la peine de mort.... Tout ça faisait que je n'aimais pas cet homme. 

Mais comme je ne suis qu'un être humain paradoxal, j'avoue qu'une autre partie de moi adore une autre partie de Maurice Druon, celle qui a donné naissance au  plus beau chant de résistance de l'histoire, Le Chant des Partisans, que Montand interprète avec tant d'émotion, tant de vérité, que les larmes me viennent systématiquement aux yeux ...Surtout avec les bruits de bottes en fond....


Maurice Druon c'était ça en fait, un paradoxe: un vieux schnock de l'Académie, conservateur pour ne pas dire réac', et plume sublime et contestataire en même temps.

Druon, en somme, c'était un peu la France : la vieille France capable de faire une révolution ou de prendre le maquis quand il le faut.

Alors,  pour ça, merci Monsieur Druon.

Publié dans portraits

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Cyrille 16/04/2009 22:03

Très bon article. Pour ma part,  je ne retiendrais que ''Tistou les pouces verts'' (1957).

Claude LE NOCHER 16/04/2009 07:54

Quand un écrivain déclarait "comprendre les électeurs du Front National, et même partager des valeurs identiques", je ne vois rien d'insultant à rappeler qu'il fut facho et raciste, puisque c'est une vérité. Et encore, je n'évoque pas sa position "tranchée" sur la peine de mort. En effet, les Français ne sont pas d'accord avec cette façon de voir les choses.Par contre, Jean-Marie, il est honteux (et sans doute puéril) de se servir de Georges Brassens pour soutenir Druon. Ces deux-là n'ont rien en commun, l'un ayant eu du talent toute sa vie, l'autre ayant hélas cessé d'être créatif et inventif très tôt. Ne salissez pas la mémoire d'un humaniste au profit d'un vieux schnock.  Je respecte l'auteur des "Grandes familles" et du "Chant des partisans". Pas le personnage tel qui était devenu.

jean-marie 15/04/2009 23:42

Bonsoir Louise,de retour...je comprends ta réaction... vieux schnock, conservateur, réac, ces mots ne me gênent pas du tout... (et n'auraient sans doute pas gêné Druon) il faut être en effet conservateur et très bourgeois pour présenter sa candidature à l'Académie Française... mais le talent ne gâte rien...quant à traiter Druon de raciste ou de facho, (pas toi) rien de plus  facile... puisqu'on n'est pas d'accord avec lui...bof...ou de vieux con... mais là, mieux vaut en rire... Brassens a réglé ce genre de rodomontade  "Le temps ne fait rien à l'affaire. Quand on est con, on est con! Qu'on ait 20 ans, qu'on soit grand père Quand on est con, on est con!"simple curiosité, je te donne l'adresse de la vidéo d'Anna Marly, une interprétation bien différente de celle de Montand :/french-chanson.narod.ru/chant.htmlbien amicalementjean-marie

marie-claude leloire 15/04/2009 23:29

je lui dit merci, juste pour cette superbe chanson des partisans .

C.Romans 15/04/2009 11:47

Exemplaire pendant une petite décennie, vieux con dès l'âge de quarante ans jusqu'à son décès, Maurice Druon représenta plus longtemps la France raciste et confinée dans un image passéiste que l'ouverture d'esprit. Quant à ses positions politico-sociétale de facho, qu'il les emporte avec lui...