Cycle historique

Publié le par Louise

Ce qui suit est connu depuis bien longtemps, 160 ans en fait, mais je trouve ça cocasse, je vous le livre:

 

Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
 
en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être. 
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant

 créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est

le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui

 brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent,
 
 l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut
qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est
 impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y
ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au
nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui
du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".


Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit "

Publié dans couleur orange

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jean-marie 26/11/2008 20:43

Bonsoir, Louise...le propos est plaisant...injuste ? je ne sais.Il est question ici de gens que je n'apprécie guère.et ce Victor Hugo là n'est pas mon préféré...mais il est bon de retrouver dans l'Histoire un reflet de ses propres aversions...amicalementjean-marie

Daniel Fattore 26/11/2008 17:01

... le case de Napoléon III, le plus suisse des chefs d'Etat français, mériterait, je suppose, d'être approché de manière plus nuancée. Et je rejoins Dominique Boudou, d'une certaine manière: la France (et les Etats de l'UE) a délégué énormément de pouvoirs à Bruxelles, intégration oblige... et à présent, le président n'a plus les coudées franches comme d'autres pouvaient les avoir avant lui. A ce régime, n'importe qui, à la place de N. Sarkozy, buterait sur les mêmes difficultés et impossibilités que lui.

marie-claude leloire 26/11/2008 16:23

sans la signature finale, j'avoue avoir fait erreur sur la personne ...

Enzo 26/11/2008 14:11

Et Napoléon III a moderisé la France alors que le gnômela fait régresser.
Jugement injuste de Hugo, bonapartiste aigri de s'être vu refuser le ministère de l'Instruction Publique qu'il convoitait !

dominique boudou 26/11/2008 13:19

La comparaison avec qui on devine est vraie dans ses moindres détails sauf un qui est de taille : Badinguet avait tous les pouvoirs, Sarko en a fort peu.