Vierge Rouge

Publié le par Louise

Louise Michel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Si mon pseudo est Louise, c’est en référence, non pas à la muse d’Apollinaire, mais bien à la muse de l’anarchisme, Louise Michel.

Pour ceux qui l’ignoreraient, Louise Michel est une des figures les plus marquantes de la Commune de Paris qui a vu un soulèvement populaire formidable, mais qui fut réprimé dans le sang par Monsieur Thiers, qui a pourtant des rues à son nom en France… (même à Limoges, bien que ce ne soit qu’un impasse…).

Louise Michel, « La Vierge Rouge », « la bonne Louise », est née le 29 mai 1830, dans la Haute-Marne,  et se distingue très jeune par un profond altruisme.Altruisme qui avait commencé dès sa prime enfance, lorsqu'elle sauvait les animaux de toutes sortes d'entre les griffes des enfants. Elle sauva entre autres un chiot. Sa mère lui dit alors, "ma fille tu ne peux pas sauver le monde entier". Ce à quoi elle aurait répondu, "si, je veux sauver tout le monde"...C'est encore ce sentiment qui la conduira à exercer le métier d’institutrice. Premier accroc : elle refuse de prêter serment à l’Empire et enseigne dans une école libre qu’elle crée elle-même.

En 1856, elle s’installe à Paris, et enseigne chez Mme Voilier, rue du Château d’Eau. Elle commence alors à avoir une vie sociale très intense et rencontre les chantres du socialisme : Jules Vallès, Eugène Varlin, Théophile Ferré, dont elle tombe éperdument amoureuse.

  

Elle écrit dans des journaux d’opposition, et envoie quantité de poèmes à Victor Hugo…Dès lors elle se lance dans la politique, qu’elle ne quittera plus. En 1869, elle est secrétaire de la Société Démocratique de moralisation qui a pour but de soutenir les ouvrières, plus mal loties que leurs homologues masculins… A cette époque, Louise Michel est encore blanquiste.

La guerre éclate. La Prusse écrase la France, marche dans Paris, l’Empire s’effondre. La IIIème République est promulguée le 4 septembre 1870, mais la guerre continue et Paris connaît une véritable famine dans l’hiver 1870-1871. Un armistice est signé pour 15 jours avec Bismarck. Des élections ont lieu en France et envoient une forte majorité monarchiste à l’Assemblée. Celle-ci  part d’ailleurs à Versailles pour éviter de tomber sous la révolte parisienne : en effet, à paris ce sont les Républicains les plus radicaux qui sont au pouvoir. Adolphe Thiers, chef du gouvernement, signe la paix avec la Prusse. Les Parisiens refusent de déposer les armes. Là se trouvent les ferments de l’insurrection de la Commune de Paris.

Louise Michel enseigne dans un externat du 18ème arrondissement, qu’elle a elle-même fondé en 1865, et crée une cantine pour ses élèves alors que Paris crève de faim. Elle fait partie  de la frange la plus révolutionnaire du blanquisme et veut se rendre elle même à Versailles pour tuer Thiers de ses mains…  Celui-ci envoie en effet la troupe récupérer les canons situés sur la Butte Montmartre et fait arrêter Blanqui. Le peuple parisien s’oppose à la venue de la troupe, mais bien vite les deux parties fraternisent et s’unissent. Deux généraux donnent l’ordre de tirer sur la foule. Ils sont fusillés. L’insurrection commence.

   

Louise Michel est  en tête des combats. Elle se déguise en Garde National pour mener la lutte armée, elle devient propagandiste, elle mène les troupes, se transforme en ambulancière. Elle se fait remarquer des hommes du fait tout d'abord de son sexe, mais aussi par sa détermination quasi mystique. Elle manque cependant d'être fusillée car, alors que les combats font rage, elle se met soudain à grimper dans un arbre pour sauver ...un chaton... Seule sa ferveur révolutionnaire exemplaire la sauvera du peloton d'exécution pour une telle imprudence!! On ne se refait pas!! Elle n’oublie pas non plus qu’elle est institutrice : «  La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter » ( Mémoires, 1886). Sur les barricades, elle tire au fusil, et assiste à la mort de se amis dont Théophile Ferré. Son poème L’œillet Rouge lui est dédié.  En mai, les Versaillais reprennent Paris lancent une répression terrible contre les insurgés, c’est la Semaine Sanglante, du 21 au 28 mai 1871. Les défenseurs de la Commune sont fusillés sur le Mur des Fédérés. C’est la fin de la première grande révolte prolétarienne… Louise Michel est arrêtée. Devant le tribunal elle réclame la mort. Elle sera déportée en Nouvelle Calédonie. A bord du bateau qui l’emmène, elle rencontre Rochefort, polémiste et Nathalie Lemel, anarchiste admiratrice de la Commune. C’est à son contact que Louise Michel devient anarchiste, elle le restera jusqu’à sa mort. Elle reste sept ans en déportation, années durant lesquelles elle refuse d’avoir un autre traitement que celui des hommes prisonniers. Elle cherche à instruire les Kanaks, toujours fidèle à ses convictions selon lesquelles l’éducation doit servir à l’émancipation. En 1879, elle obtient l’autorisation de s’installer à Nouméa où elle reprend son métier d’enseignante.

Elle revient en France en 1880, et reprend son activité de militante, donne des conférences, anime des meetings. Elle se bat contre la peine de mort, prend part pour Dreyfus dans la fameuse Affaire.

Elle vit et travaille à Londres entre 1890 et 1895, où elle gère une école libertaire. Elle revient en France et est régulièrement arrêtée pour avoir participé à des manifestations. Elle voyage de Londres à Bruxelles en passant par Paris, pour essayer de créer un véritable mouvement insurrectionnel unitaire. Elle meurt d’une pneumonie le 9 janvier 1905 à Marseille. Ses funérailles à Paris drainent une foule immense.  Jusqu’en 1916, une manifestation se tient au cimetière de Levallois-Perret où repose Louise Michel. En 1946, ses restes sont exhumés et ensevelis, dans le même cimetière dans le carré des Victimes du Devoir.

Louise Michel, anarchiste passionnée reste une figure incontournable de l’histoire de France. Elle ne s’est jamais trahie ni compromise comme certains de ses compagnons. Ses idées, ses pensées restent criantes d’actualité cent un ans après sa mort, car les faibles sont toujours surexploités, le capitalisme sauvage est de plus en plus dur, les religions reprennent de l’importance… La France repart vers le XIXème siècle… Mais nous reste-t-il une Louise Michel ?

 

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Louise 09/07/2006 13:45

merci Cadet.

Cadet 09/07/2006 12:26

 "  MAIS POURQUOI ME DEFENDRAIS-JE?    JE VOUS L'AI DEJA DECLARE, JE ME REFUSE A LE FAIRE...    JE SAIS BIEN QUE TOUT CE QUE JE POURRAI VOUS DIRE NE CHANGERA RIEN A VOTRE  SENTENCE"  2 minutes de silence

Louise 09/07/2006 12:23

alors là je suis bien d'accord pour débaptiser les rues au nom d'Adolphe Thiers!!
merci dominique et bon dimanche aussi, courage pour ce soir!!!

Dominique Boudou 09/07/2006 10:26

Félicitations Louise pour ton portrait détaillé de Louise Michel. Elle mérite le Panthéon mais faut pas rêver. Y aura-t-il un jour de nouvelles Louise Michel qui se lèveront pour dire non ? Oui, bien sûr. La fin de l'Histoire est une supercherie. Tant qu'il y aura des hommes et des femmes, des êtres d'exception brandiront au péril de leur vie l'étendard de la liberté. Et, en efet, il faudrait débaptiser les rues qui portent le nom du boucher Thiers. Sa semaine sanglante fit plus de morts que la Convention en un an et demi.
Bon choix pour ton pseudo. Ce soir, bouche-toi les oreilles.
Dominique

louise 06/05/2006 18:24

merci Lisa. en effet, il en manque des femmes comme elle, et des hommes comme elle aussi d'ailleurs!!