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Publié le par Louise

Ainsi va la vie, les voyages se font et se terminent, et il faut un jour revenir chez soi, c'est fait. 

Mais quelle tristesse, alors d'apprendre que la France est devenue orpheline cette semaine, orpheline d'un trésor de 110 ans, d'un livre d'histoire prodigieux. 

C'est en effet cette semaine que le dernier Poilu officiel est mort. Lazare Ponticelli a mis le point final de l'histoire de la Première Guerre Mondiale en disparaissant. Il reste dans le monde des survivants de la guerre de 14-18, dont le plus ancien est un représentant de Sa Gracieuse Majesté. Mais la France est aujourd'hui amputée d'une part de son histoire. 

Mais je ne comprends pas pourquoi, alors qu'il avait affirmé le refuser, Lazare Ponticelli, avait finalement, il y a quelques semaines, accepté la mascarade à laquelle nous allons assister demain, ces obsèques nationales. 

Il les avait rejétées toute sa vie, refusant que l'on fasse se lui autre chose qu'un humain comme les autres, plus chanceux que le million et demi de ces camarades qui n'étaient pas revenus. Et puis, il a changé d'avis. 

Personne n'a le droit de critiquer cette décision,  mais de la commenter oui. Il a finalement cédé à la demande du gouvernement de recevoir les "honneurs de la République" pour ses camarades justement. Il l'avait expliqué dernièrement: pour les autres, tous les autres, il pensait que cet hommage serait une sorte de reconnaissance globale des souffrances des Poilus. 

J'aurais aimé, goûté même, qu'il refusât jusqu'au bout cette mascarade hypocrite, tout comme l'a fait Louis de Cazenave, rebelle éternel. Lazare Ponticelli va donc être récupéré par le gouvernement, après avoir été envoyé au massacre par le gouvernement (les hommes changent, mais l'esprit....). 

C'est Sarko qui a tiré le gros lot au tiercé des Poilus, est-ce que cela va faire echo dans sa cervelle hyper active et bercée à la Rollex. Je ne sais pas. 

Je crains cependant que l'on fasse de Lazare Ponticelli un symbole (si c'est cela , ce ne sera déjà qu'un moindre mal) et que l'on oublie l'homme derrière le symbole, et les hommes qui ont décidé de la mort de cet homme, il y a presque un siècle. 

On ne va se souvenir que de la gloriole, des fanfares, des drapeaux, des défilés militaires et des beaux discours, mais on va mettre de côté la boue, le sang, des larmes, les gueules cassées, les millions de blessés, les vies écartelées sur les chevaux de frise.... 

Oui, j'aurais vraiment aimé que Lazare Ponticelli refuse de servir à ça....

Publié dans mctproduction

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Enzo 18/03/2008 18:54

Quand on pense que l'Action Française y a perdu 90 % de ses jeunes cadres et 80 % de ses secrétaires départementaux en allant se faire tuer pour un pays qui leur crachait dessus...

UN chouka 16/03/2008 18:01

Bonjour Louise.Peut etre que le monsieur, a ete "convié" a faire la grimace pour sèrvir les intérets de sa petite famille(je ne vois pas d'autre raison ) quit a penser bien autre chose par dèrière avec les siens justement .En tout cas, la grimace paye bien ses sèrviteurs au pouvoir, pourquoi ne sèrvirait'elle pas ceux qui ont passés a travèrs les mailles du filet de la mort (boucherie organisée ).C'est a ce prix que j'aurais fais le niais,et raflé la monaie (le gros paquet  pour la postérité gentille et soumise :-) Le fric n'a pas d'odeur !AH, Vénalité bien comprise !Salut Louise

Leloire Marie-Claude 16/03/2008 14:52

tant qu'il restera en vie un exemplaire du "Voyage jusqu'au bout de la nuit" de Ferdinand Céline, l'image de l'atrocité de cette guerre restera gravée aux mémoires des heureux l'ayant lu ...