Gracchus babeuf, la suite

Publié le par Louise

Sous vos yeux ébahis, la suite de la vie tumultueuse de notre nouvel ami, Gracchus Babeuf: 

gracchus-babeuf.jpgIl est un agitateur de premier ordre, remuant sans cesse les Sans-culottes parisiens déjà bien énervés. Du coup, deuxième emprisonnement, plus long là (de novembre 93 à juillet 94). Juillet 1794, autrement appelé Thermidor an II, fin de la période de gloire de Robespierre. Babeuf sort de prison dix jours avant l'exécution de Maximilien et de ses partisans. 

Il critique la Terreur, mais tout en condamnant les actes atroces commis, il veut aller encore plus loin sur le chemin de l'égalité, vers "l'égalité parfaite" celle des faits, véritable.

Sorti de prison, Robespierre mort, il se remet au journalisme (entêté le garçon) avec le Tribun du Peuple. 
Fait rare à l'époque, même chez les révolutionnaires les plus engagés, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Je le précise donc. L'histoire ne dit pas si sa femme à lui était traitée sur un pied d'égalité...

Bref. C'est là qu'il décide de se faire appeler Gracchus, en référence aux Gracques romains qui avaient tenté des réformes agraires et sociales à Rome.  Il n' a rien perdu de sa détermination, et prône l'insurrection pacifique. Bon, ça ne plaît pas non plus , et il va en prison pour la troisième fois.

tribun-du-peuple---babeuf.jpgLibéré en octobre 1795, il se remet à son journal
Mais le climat français n'est pas au beau fixe dans ses années suivant la Révolution, des clubs sont fermés, la presse n'est pas libre, tout ce qui contrarie notre Gracchus en somme. Evitant de justesse une quatrième arrestation, il fuit et entre dans la clandestinité. 

A ce moment là, il me faut faire une pause dans la biographie de Babeuf. Car cet homme n'aspirant qu'à la liberté et à l'égalité des hommes (et même des femmes)  devient la bête noire d'un régime censé être le promoteur de cette liberté en réaction aux siècles de monarchie absolue. Et bien non, il est un homme trop libre, trop en avance je pense, trop visionnaire et les hommes au pouvoir en 1796 ne veulent pas le lâcher, surtout pas le partager avec la plèbe... Ah, le pouvoir..... 

Bien, alors Gracchus, que fait il?
Il complote! 

Il complote avec des amis à lui ce qu'on a appelé en suite "la conjuration des égaux". Il s'agit d'un réseau parisien et provincial dirigé par Babeuf et ses proches, avec à sa tête, un "directoire secret de salut public" dont le but est de poursuivre l'oeuvre révolutionnaire, jusqu'à l'égalité parfaite donc. 

Babeuf est dénoncé, arrêté,  emprisonné et transféré à Vendôme dans le Loir et Cher car on craint une insurrection à Paris (deux tentatives de libération ont fait peur à ses geôliers) . 

A Vendôme, Babeuf et ses amis sont jugés et condamnés à mort. Babeuf tente de se suicider en prison. Il est finalement guillotiné le 27 mai 1797 (fin de parcours assez robespierrienne). D'autres de ses compagnons de lutte sont déportés, une grande partie est acquitée.

L'agitateur est mort, on pense que son mouvement va mourir aussi. De fait, le "babouvisme" est mort, mais ses principes ont fait flores, car ce ne sont ni plus ni moins que les théories du communisme : plus de propriété, mise en commun des biens et des moyens de production, abolition de la monnaie, secours, logement et protection aux plus démunis, aux personnes de plus de 60 ans et aux malades, égalité de tous("dans une égale et honnête  médiocrité"), participation de chacun au bien de tous en fonctions de ses moyens...
 
Un communisme bien utopique en somme. Un communisme qui porte en lui les racines de l’anarchisme, au sens noble et véritable du terme : l’absence de gouvernement. En effet, mis à part un temps d’adaptation durant lequel chacun doit apprendre à travailler pour les autres et à recevoir des autres en toute égalité, ce mode de fonctionnement était censé pouvoir se passer de chef. Toute autorité devenait inutile puisque chacun est strictement logé à la même enseigne que tous les autres.
 
Bon, je crois que Babeuf n’aurait pas aimé la suite de l’histoire de France avec l’arrivée du petit Nabot 1er, ni  avec ce que les tenants de sa philosophie ont fait de ses idées dans l'histoire du XXème siècle....  
 

Publié dans portraits

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jean-marie 05/02/2008 19:03

Excuse-moi, chère Louise...tu as raison... ou je suis obsédé par l'actuel agité ou je ne sais plus lire...remarque, je n'aime guère plus l'ancien que le nouveau...pas grave...mais c'est vrai qu'il aurait détonné dans l'épopée que tu as si bien narréeamicalementjean-marie

Leloire Marie-Claude 04/02/2008 16:23

je ne désespère pas, c'est parfois avec du vieux qu'on fait du neuf ....

Louise 04/02/2008 15:01

jean marie, merci pour ton commentaire, mais je ne vois pas où j'ai parlé de Sarkozy cette fois. Nabot 1er est bel et bien Napoléon, le vrai; l'empereur.à moins que je parle de Sarko sans même m'en rendre compte à présent tant son omniprésence me dégoûte!!!! aaaaaaaaaaahh!!!!

jean-marie 04/02/2008 13:14

Bonjour, chère Louise...excuse cette familiarité mais quelle verve, c'est un régal...je ne m'étais jamais trop intéressé à l'homme et c'est avec beaucoup de plaisir que je découvre quelqu'un qui sort de l'ordinaire même en cette période... riche en personnalités trop souvent accablantes...je n'ai qu'un petit regret, c'est que tu aies réussi à introduire Sarko dans le tableau...pas grave du toutamicalementjean-marie