Nos amis les flics

Publié le par Louise

 
Décidément, en ce moment, les affaires impliquant de façon dramatique des agents de la force publique se multiplient. Affaires dont parfois, comme ces jours derniers, les policiers eux mêmes sont les victimes, soit dit en passant. 
 
Nous avons dépassé la simple bavure au commissariat, le simple coup de bottin sur le crâne du gardé à vue, ou même la fouille au corps un peu appuyée. Un gamin est mort sous les roues d’un véhicule de police (l’enquête continue mais l’agent stagiaire est libre…), là, nous dépassons tout ce qui peut être admis.
 
Autre affaire, nettement moins grave, car ne causant pas de mort, fort heureusement, mais singulièrement consternante aussi, celle que le Canard relate cette semaine. L’histoire est simple et déplorable en même temps.
 
Entre les 2 tours des législatives, à la sortie d’un bar de Nancy, un couple est pris en flagrant délit de détérioration de la trogne du candidat UMP dont la photo se trouve sur les panneaux électoraux. L’arme du crime : un gros feutre vert, le crime : un nez de clown à la place de l’appendice du candidat. Le criminel : la jeune fille. Hop, la maréchaussée prend l’assassin en flagrant délit et l’embarque, menottes aux poignets au commissariat, parce qu’en plus, cette sale terroriste au feutre n’a pas ses papiers ! 
Problème, le jeune homme, son petit ami, est cloué dans un fauteuil roulant, tétraplégique qu’il est. Et seul, il ne peut descendre du trottoir où vient d’avoir lieu l’arrestation de la virago démente. Elle demande aux policiers de la laisser auprès du garçon, en vain, et elle essuie même ces paroles réconfortantes : «  t’as qu’à assumer ta connerie. Fallait y penser avant ». Et zou, au poste.
 
Son compagnon, sur son trottoir regarde alors passer devant lui une autre voiture remplie de fonctionnaires de police (to serve and to protect, you know) qui non seulement ne lui demandent pas s’il va bien, ne lui viennent pas en aide, mais se contentent de photographier la trombine du candidat de droite, sauvagement défiguré par la vandale au feutre vert.
 
Le jeune homme va se plaindre le lendemain à la kommandantur préfecture, pardon, (oui, je suis de très mauvaise foi, et alors?!) qui lance une enquête sur le comportement des forces de l’ordre. La police envoie son rapport dans lequel il est noté que ce monsieur a refusé toute aide des fonctionnaires et que de leur côté ils ont essayé de contacter ses proches pour lui venir en aide... sachant qu’ils n’ont pas contrôlé son identité, il semble difficile d’appeler papa maman dans ces conditions. Mais la police a toujours raison, les gardiens de la paix sont assermentés (il y a « ment » là dedans) et la plainte que le jeune handicapé a déposée risque de rester lettre morte. Quant à la pétroleuse, l’histoire ne dit pas ce qu’il advint d’elle.
 
Et après, on s'étonne que les rapports entre la police et les citoyens lambda soient tendus!! 
Comme disait Coluche : « n'ayez pas peur, madame, on n’est pas de la police »…Ca ne date pas d'hier, et ça ne va pas en s'arrangeant.

Publié dans coups de gueule

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Sandrine 01/07/2007 15:23

Malheureusement édifiant et tristement réaliste. Bien sûr que sa plainte ne sera pas prise en compte, il n'est qu'handicapé quand l'autre est assermenté...

Louise 30/06/2007 10:35

moi aussi, chere alix, je l'entendais le dire en l'écrivant, avec la voix nonchalante et désabusée, on l'imagine, les bras ballants, la bouche en lune inversée, en train de dire ces mots!dieu qu'il me manque!!!! 

Alix 29/06/2007 19:28

J'aime beaucoup la référence à Coluche... surtout que je l' "entends" encore le dire... :-)

Louise 29/06/2007 15:37

ah ça cher Thierry, l'histoire ne le dit pas!!

Thierry 29/06/2007 11:42

C'avait été un autre candidat, z'auraient rien dit. Mais là, le candidat UMP, fallait pas toucher! Non mais!